Un jour, on se retrouve à jouer seul. L'autre reprend ses cartes, et vous restez là, comme un con, devant une partie inachevée...à attendre. Parce que vous ne pouvez faire que ça, attendre. Cesser d'attendre, ça voudrait dire que c'est fini. Vous attendez en vain qu'il relance les dés, vous pensez qu'il vous reste des cartes maîtresses que vous n'avez pas encore abattues, et qui changeront le cours de la partie. Mais vous avez perdu. Moi j'ai perdu. Non, je suis perdue. Je l'aime...tout le temps, toujours, à en crever. Je l'aime endormi ou déprimé, je l'aime même coké, abruti, dégradé. Il réussissait, je ne sais pas comment, à rester tellement pur dans les situations les plus dégradantes que j'avais envie de me mettre à genoux devant lui. Un moment que c'est fini. Il n'y a pas de mot. Depuis, je sors tous les soirs, je ne maîtrise plus rien, je me défonce comme jamais, je ne sais plus ce que je fais. Tout ce que je voulais, c'était l'atteindre, voir briller des putains de larmes dans ses yeux, qu'il crie, qu'il hurle, qu'il fasse une crise. Je me suis levée, je me suis mise à lui caresser les cheveux et a lui démontré par a+b l'être minable qu'il est. Et je l'ai laissé. Le vide, on ne peut pas le décrire. Juste ses effets. Me raccrocher à ma vie de con. Impuissance. Envie de passé. Tout recommencer, éviter les erreurs, quelles erreurs? Voué au vide? Ecrit. Destin. Et toutes ces conneries. Le moindre geste est pesant. Les yeux rivés au sol. L'indifférence à tout.
Pourquoi n'aime-t-on plus rien quand on n'est plus aimé?