D'un jour à l'autre, le sentiment cède la place à son contraire. Cette loi existe, nous l'observons dans la vie réelle, le passage de l'amour à l'indifférence ou à la haine. Mais les deux sont séparés par un intervalle de temps qui les rend compréhensibles, sinon acceptables, comme si le temps était à lui seul une explication suffisante, comme si l'amour avait une composante purement biologique comparable à celle du corps, destiné à s'affaiblir et à mourir, et qu'on puisse donner à la fin de l'amour la raison qu'on donne aux enfants qui posent des questions sur la mort : "Il était trop vieux."